ELECTIONS 2017 AU GRAND CONSEIL VAUDOIS – Marianne Oberson

(1956), enseignante et conseillère communale, Parti socialiste

Le 30 avril 2017, les citoyens vaudois seront appelés à élire le Grand Conseil vaudois. D’ici-là, retrouvez chaque semaine dans la FAVJ, les interviews des candidats combiers.

Curieuse, passionnée par son travail d’enseignante, Marianne Oberson, du Brassus, se lance dans la course au Grand Conseil. Elle nous reçoit chez elle, un cocon dans lequel elle se sent bien, et qui ouvre sur un jardin qu’elle adore et où elle passe beaucoup de temps. A table, plutôt qu’en cuisine: «j’ai un mari cuisinier, mais j’aime manger, italien, thaï, tout ce que vous voulez,…», elle se ressource aussi dans le Risoux, sensible aux odeurs et bruits environnants. Depuis 2011, elle vit une belle amitié avec l’équipe du comité de l’Essor «on s’apprécie parce que l’art nous passionne, c’est une sorte d’île, de famille». Perfectionniste, elle gommerait volontiers son côté soucieux, qui l’empêche parfois d’exprimer tout son potentiel. Dans 10 ans, elle se verrait bien en voyage sur les routes de la soie, ou auditrice en géopolitique et histoire de l’art à l’université. Pour l’heure, c’est sa candidature à l’élection au Grand Conseil qui occupe son esprit. Interview.

Racontez-nous votre déclic en politique?

J’aime me cultiver en lisant, avec un intérêt particulier pour l’histoire et la politique internationale. Plus entière dans mes prises de position dans ma jeunesse, j’ai évolué tout en restant sensible à l’injustice et aux abus de pouvoir. A la quarantaine, j’ai décidé de m’impliquer localement en politique au lieu de subir et de commenter les décisions prises. A la sortie de l’école obligatoire de ma fille cadette, et avec le soutien de ma famille, je suis entrée au Conseil communal et au parti socialiste, dont je suis secrétaire. Au fil de mon parcours au sein de ce Conseil -à la commission de gestion, au bureau du Conseil, du poste de scrutatrice suppléante à celui de présidente du Conseil-, je me suis imprégnée des règles et procédures qui permettent à la démocratie de s’exprimer. C’est tout à la fois passionnant et stressant! Au niveau local, la politique reste très pragmatique, elle est un chemin de patience, de collaboration, d’écoute et de rencontres, même si les questions de fond et de vision du monde ne sont jamais bien loin.

Quels sont les thèmes qui vous préoccupent ou vous passionnent le plus en politique et pourquoi?

Il y en a beaucoup! Après plus de 30 ans d’enseignement et 12 ans de politique communale, j’ai pu mesurer les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les familles et plus spécifiquement les femmes. Je suis une personnalité orientée vers les solutions, qui refuse de penser que l’on ne peut rien changer.

Je souhaite participer à l’élaboration de projets qui permettent de créer suffisamment de places de crèches à des tarifs abordables, de valoriser l’élan associatif, d’offrir de l’aide administrative et une prise en charge de qualité aux aînés. Je milite également pour le renforcement des services publics, notamment le maintien des bureaux de poste régionaux, ainsi que le développement des transports en commun.

Pourquoi défendez-vous les valeurs socialistes ?

Etant fille et petite-fille de syndicaliste, cela s’est présenté à moi comme une évidence. Les centres d’intérêt du Parti socialiste me correspondent tout à fait et je peux y faire valoir mon droit à l’esprit critique. Je n’ai jamais envisagé d’aller ailleurs.

Comment défendre au mieux une petite région comme la Vallée de Joux au Grand Conseil?

Ma connaissance des rouages politiques communaux est un atout qui peut être transposé au niveau cantonal. La priorité, c’est de savoir décoder les effets des lois pour notre région, la manière dont elles vont l’impacter. Ensuite, le rôle d’information réciproque des élus est important. Cela implique d’une part de se faire connaître des acteurs importants de sa région et d’être au courant de leurs préoccupations pour les relayer plus haut, mais aussi de leur transmettre les informations cantonales qui pourraient les concerner.

Dans quel «état de santé» se trouve à votre avis la Vallée de Joux? Que faire pour préserver ses atouts et la prévenir des risques futurs?

Elle dépend de l’extérieur, en raison de sa quasi mono-industrie notamment. Nous devons nous battre pour maintenir un tissu industriel fort en continuant de promouvoir une diversification, défendre les intérêts des travailleurs. Les acquis sont nombreux, à nous de pérenniser les efforts pour nos concitoyens dans les structures d’accueil de l’enfance, la formation, la prise en charge et l’aide apportées à nos aînés, les énergies renouvelables et l’environnement. La liste n’est pas exhaustive!

Pourquoi feriez-vous un bon député?

Je suis à l’écoute des gens, j’ai la capacité de travailler en équipe et de proposer des solutions. Ceux qui me connaissent disent que j’ai un bon suivi de mes dossiers. De plus, je suis quelqu’un de curieux qui a de l’appétit pour comprendre de nouvelles choses. Et j’ai envie de m’engager pour ma région et ses habitants.

Rébecca Reymond

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