NUMÉRISATION DE LA FEUILLE D’AVIS DE LA VALLÉE DE JOUX – Bilan de la récolte d’anciens numéros

Le 8 juin dernier, l’imprimerie Baudat lançait un appel à la population combière, afin de mettre la main sur le maximum d’anciennes éditions de la FAVJ, avant sa numérisation intégrale, prévue dès le mois prochain. Retour sur les résultats de cette action avec l’historien Daniel Reymond.

Daniel Reymond, comment est né le projet de numérisation de la FAVJ?

Lors de mes recherches sur la Bobine (ndlr: Daniel Reymond est l’auteur d’un ouvrage sur l’histoire du cinéma «La Bobine», paru en 2015), j’ai fait le constat, et je n’étais pas le premier à le faire, que les anciennes FAVJ, quand elles n’ont pas disparu, sont difficiles à trouver. Chacun tâtonne pour son propre compte à la recherche d’informations. Il fallait faire quelque chose pour centraliser et rendre les archives de ce journal accessibles à tous.

Quelle est l’opération prévue?

J’ai effectué des démarches auprès de la Bibliothèque Cantonale (BCU) à Lausanne (Rumine) et j’ai eu beaucoup de chance, puisque ma proposition a rencontré l’une des missions actuelles de la BCU, qui est justement de numériser peu à peu tous les journaux du canton. Comme j’avais un projet, celui-ci a été traité quasi en priorité, et l’opération commencera à fin août déjà!

Quels seront les avantages d’une Feuille d’Avis numérisée?

La numérisation de la FAVJ aura plusieurs avantages. Tout d’abord, comme le journal n’est archivé que depuis 1921, sa numérisation permettra un regroupement et un accès facilité aux numéros plus anciens, actuellement dispersés dans des collections privées. Elle offre une solution par rapport au risque de dégradation des journaux parfois conservés dans de mauvaises conditions, sans compter le risque de voir de précieux documents s’égarer lors de déménagements, de travaux dans les maisons, de successions lors desquelles les descendants ne s’intéressent pas forcément à ces vieux papiers.

Dans quel état d’esprit avez-vous mené les recherches permettant de mettre la main sur de très anciens numéros de la FAVJ?

Dès le départ, je savais que l’espoir était mince de faire de grandes découvertes. Mais il s’agissait d’en avoir le coeur net, de savoir une bonne fois pour toutes sur quoi on pouvait compter, ce qui existait et ce qui devait être considéré comme définitivement perdu. Après plusieurs initiatives: appel au public, lettres à des particuliers, bibliothèques, archives, je crois avoir fait le tour de ce qu’il était possible d’entreprendre. Je tiens à remercier les personnes qui ont pris la peine de me répondre. Rares sont celles qui avaient quelque chose à m’offrir: à l’impossible nul n’est tenu! Et le résultat final n’est pas mince, comme vous pourrez le découvrir la semaine prochaine (ndlr: dans l’édition du 17 août 2017), dans un article qui se concentrera sur les collections.

Quel bilan tirez-vous de cette action?

Le grand point positif de la démarche, c’est la vue d’ensemble qu’elle permet d’obtenir. Certains éléments étaient connus, mais cet inventaire précise les choses, preuves à l’appui. Ensuite il permet de regrouper toutes ces Feuilles d’Avis dispersées, et ça c’est une grande première! Cette action permettra au final de mettre à la disposition de la nouvelle génération un outil de travail pour de nouvelles recherches sur La Vallée, car il y a encore du pain sur la planche dans ce domaine. Avis aux jeunes historiens!

Concrètement qu’allez-vous transmettre aux archivistes de la BCU?

L’essentiel consiste en 3 collections privées d’importance inégale – respectivement 600, 1400 et 2000 numéros. En outre, 78 numéros ont été conservés par 6 personnes. Sur les 83 années de la période concernée (1838-1920), on compte 34 années où les collections se recoupent. Et 35 années où il ne subsiste rien, ou juste quelques numéros, soit la période 1840-1875. Comme un trou dans notre passé!

La période la mieux fournie commence en 1880. Dès cette date, en recoupant les différentes collections, la FAVJ est désormais reconstituée dans son intégralité, un résultat appréciable puisque c’est à ce moment précis que la FAVJ se met à publier des articles, en plus des avis et annonces comme jusque-là. Et c’est une période-clé dans l’histoire de La Vallée. 1880, c’est l’époque où paraît le Messager, un hebdomadaire éphémère mais dont la concurrence est un stimulant pour la FAVJ. Là aussi, par l’apport de plusieurs collectionneurs, nous avons pu reconstituer la collection complète, que la BCU a accepté de joindre à son programme de numérisation.

Quand la FAVJ sera-t-elle accessible en version numérique?

Il est juste encore temps d’apporter à l’imprimerie Baudat une éventuelle découverte de dernière minute. A la fin d’août, la BCU viendra chercher les FAVJ rassemblées. Commencera alors l’opération de numérisation, qui englobera également la collection de la BCU, de 1921 à aujourd’hui. Nous aurons ainsi à disposition sur internet des numéros épars de 1838 à 1879 et la collection complète de 1880 à nos jours. La FAVJ ne manquera pas de renseigner ses lecteurs dès qu’elle sera accessible au public sur internet, dans le courant de l’automne.

Rébecca Reymond

Ne manquez pas…

Un article sur l’histoire de ces collections paraîtra dans notre édition de la semaine prochaine. Parce qu’elle mérite d’être connue, et les collectionneurs d’être reconnus.

Daniel Reymond

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