Ces ultra-trailers que compte le Footing Club de La Vallée!

Leur dernière grande course à pied ne comportait pas 20, 30 ou 50 kilomètres, mais plutôt 110, 145 et même 220 kilomètres: Paulo Dias, Edith Meylan et Florence Golay font partie de ces coureurs de l’extrême que l’on appelle les ultra-trailers. Retour sur leurs derniers exploits!

Edith Meylan:

A quelle grande course venez-vous de participer?

Les 25-27 août derniers, j’étais sur le parcours de l’Ultra Trail du Mercantour, qui part du nord de Nice pour rejoindre le parc naturel du même nom. Une course de 145 kilomètres et 10’000 mètres de dénivelé, que j’ai réalisée, à mon rythme, en 42h 10 minutes. Il y a eu 52% d’abandon sur cette course, mon objectif à moi était de la terminer. Je me classe finalement 6e au scratch, même en ayant pris le temps de dormir une heure.

Quel souvenir vous en reste-il?

J’ai pris énormément de plaisir lors de cette course: j’ai échangé avec les autres coureurs, j’ai pris mon temps, j’ai fait des photos, les paysages étaient magnifiques et j’étais comme sur une autre planète.

Appliquez-vous un programme précis d’entraînement?

Mon programme d’entraînement ne suit pas une discipline très rigoureuse, je m’entraîne d’après le temps que j’ai. Lorsque je «sors» courir, c’est pour 4-5 heures maximum. Cette année, j’ai fait beaucoup de montagne, dont l’Ascension du Cervin, qui m’a été offerte pour mes 50 ans. C’était une bonne sortie d’entraînement!

Quel objectif avez-vous pour 2018?

J’aimerais refaire un Ultra Trail en 2018, mais je ne me suis pas encore fixée sur une course en particulier.

Paulo Dias:

A quelle grande course venez-vous de participer?

J’ai participé à l’une des courses de l’UTMB (Ultra Trail du Mont-Blanc), celle que l’on appelle la CCC, pour «Courmayeur-Champey-Chamonix», soit 101 kilomètres et 6100 mètres de dénivelé positif. Le niveau des 2100 coureurs au départ y est très élevé, car n’accède pas à cette course qui veut: il faut accumuler suffisamment de points d’autres courses pour s’y présenter. Très peu de gens abandonnent la course, moins de 10%, ce qui est rare dans le domaine de l’Ultra-Trail. Pour ma part, j’ai réalisé une très belle course de 13h et 42 minutes, le 64e temps du classement général (aussi appelé scratch).

Quel souvenir vous en reste-il?

Quelques amis m’ont accompagné lors de la course, dont Fransisco Pasandin, celui qui m’a donné le virus du footing, il y a quelques années. Les retrouver à chaque ravitaillement, pour m’aider, c’était à chaque fois un grand plaisir et un tel soulagement: quels souvenirs!

Appliquez-vous un programme précis d’entraînement?

Je m’entraîne trois semaines d’affilée, puis je place une semaine de récupération dans mon planning. C’est assez classique, comme méthode. Mais pendant les semaines d’entraînement, j’essaie de sortir tous les jours, et parfois le samedi, je vais même courir 2 fois. En moyenne, je cours 150 kilomètres/semaine. Je m’entraîne aussi sur piste, à Yverdon.

Quel objectif avez-vous pour 2018?

J’aimerais participer à nouveau à l’UTMB en 2018. Sinon, il y a quelques belles courses qui me font rêver, dont le Tour des Géants (330km), forcément, et celle des Grandes Canaries. Mais j’aime aussi participer à de petites courses, pour le plaisir d’être avec mes copains, je serai par exemple au Trail de la Vallée de Joux, le mois prochain.

Florence Golay:

A quelle grande course venez-vous de participer?

Le 25 août dernier, j’ai pris part à l’Ultra Trail des Pyrénées, annoncé à 220 kilomètres et 13’000 mètres de dénivelé positif. En raison des conditions météo, le parcours a été raccourci de 10 kilomètres environ. J’ai terminé 2e au temps scratch, en 42h 56 minutes. Mais comme cette année, je suis en deçà de ma forme physique habituelle, j’ai vraiment dû gérer l’effort pour terminer la course. Compte tenu de ces éléments, je suis satisfaite du résultat.

Quel souvenir vous en reste-il?

Les paysages et l’aventure humaine. La discipline du Trail nous offre cela: je ne courrais pas même 100 kilomètres sur du goudron, mais dans les montagnes, entourée de gens inconnus mais qu’on a l’impression de connaître depuis 20 ans, tellement on est soudés, et avec sa famille autour de soi, l’effort prend une autre dimension.

Appliquez-vous un programme précis d’entraînement?

J’essaie de courir tous les jours, sinon, j’ai des contractures à la reprise. Il ne faut jamais arrêter! Tout comme Paulo, je pratique des micro-cycles de 3 semaines d’entraînement et une semaine de récupération, avec des week-ends «de charge», 2-3 semaines avant une grande échéance. Et je pratique un régime alimentaire adapté. Mais je garde un rythme de courses qui me permet de viser toujours le plaisir: je ne participe qu’à une grosse course par été.

Quel objectif avez-vous pour 2018?

Pour 2018, mon but est de courir le Tour des Géants, en Italie, 330 km à boucler en moins de 150 heures pour être classée. Je pense que je peux le faire en moins de 100 heures, en dormant pas tranches de 10 minutes de temps en temps. Mais après, mon objectif, ce serait plutôt de réussir à arrêter la compétition à ce niveau, qui demande énormément de temps et l’adaptation de toute une famille.

Rébecca Reymond

Edith Meylan, Paulo Dias et Florence Golay reviennent de courses de l’extrême, qu’ils ont tous les trois terminées avec brio!

Courir des distances de l’extrême: « la tendance a tout juste 15 ans ! »

Lucien Jacquier, président du Footing Club Vallée de Joux, n’est pas surpris que des coureurs du club se soient lancés dans l’Ultra Trail. «La tendance en Suisse est née il y a peut-être 15 ans. Les premières longues courses auxquelles nous avons participé en tant que club avaient lieu sur du goudron, comme les 100 km de Bienne, course à laquelle 7 de nos membres ont déjà pris part». Le club, qui compte à l’heure actuelle une quinzaine de membres très actifs, crée une dynamique très positive pour chaque participant, même si les ultra trailers locaux avouent être devenus un peu plus solitaires, en matière d’entraînement: «Tous n’auront pas à leur programme de monter 2-3 fois au Mont-Tendre en une seule sortie», relève le président, en souriant, «mais l’aspect positif de la Vallée de Joux, c’est que tous peuvent s’y entraîner à deux pas de chez eux, il y a suffisamment de chemin qui montent bien pour progresser».

Les progrès en terme d’hygiène de vie, d’équipement et d’accès à des informations de pointe en matière d’entraînement, via internet sont autant d’autres critères qui ont fait émerger la tendance et l’attrait pour des courses de plus longues distances.

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