La Croisée de Joux: une vocation d’accueil intacte

L’ABBAYE – Mercredi 29 novembre dernier, malgré l’absence du Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard, l’inauguration officielle de la «nouvelle» Croisée de Joux, réintégrée l’été dernier par ses résidents après deux ans de rénovations, a fait se succéder plusieurs personnalités au micro: président du comité de fondation, déléguée du Service des assurances sociales et de l’hébergement (SASH), architecte ou directeur, tous ont souligné l’esprit d’accueil qui règne depuis plus de 30 ans dans ces murs. Extraits choisis.

Sincère bienvenue

Après l’ouverture de ses portes à la population, en septembre dernier, l’institution sociale située sur la place du village de L’Abbaye a inauguré officiellement son bâtiment rénové et agrandi, mercredi 29 novembre dernier. Après le mot de bienvenue d’Albéric Stalder, président du Conseil de Fondation, les différents discours ont brossé le portrait d’une maison sociale dans laquelle un héritage d’empathie, l’espoir et l’humanité prédomine.

«Décloisonner: notre spécificité»

Jean-Daniel Fuehrer, directeur de l’institution depuis 2004, a évoqué la mission de réinsertion sociale que remplit la Croisée de Joux, lieu ouvert dès ses débuts, pratiquant un accueil des gens de passage, un décloisonnement entre personnes valides et personnes accompagnées socialement. Cette mixité se voit encore renforcée depuis la rénovation de la Croisée de Joux, puisque la gestion hôtelière des 5 chambres d’hôtes que compte désormais l’endroit est en partie gérée par un atelier protégé.

La filière d’hébergement de psychiatrie adulte en transition

L’inauguration de la Croisée de Joux rénovée s’inscrit dans un contexte de mutation des partenaires du réseau de psychiatrie adulte dans le canton, vers plus de clarté dans l’identification de leurs missions. «Rejoignant le cercle des EMS psychiatriques dès cette année, la Croisée de Joux poursuivra sa mue pour répondre, dès 2018, au nom d’EPSM, soit établissement psychosocial médicalisé», expliquait à ce titre Anouchka Roman, cheffe de projet au SASH, «incluant entre autres un nouveau mode de financement pour l’accompagnement socio-éducatif».

Se professionnaliser sans perdre sa fibre d’accueil

Moment fort en émotions, Rose Van den Top-Dépraz, directrice de la Maison d’Accueil entre 1988 et 2004 avec son mari Pierre, en a évoqué ses souvenirs les plus anciens: la remise d’un prix de skis dans la salle à manger enfumée de ce qui était encore l’Hôtel de Ville de L’Abbaye, ou l’incendie au village, qui a conduit la Commune a reconstruire son bâtiment administratif quelques centaines de mètres plus loin. Puis l’audace de Benjamin Rochat, le fondateur de la Croisée de Joux. «En 30 ans, l’accompagnement des personnes accueillies ici s’est professionnalisé, la maison a été rénovée de fond en comble, mais au final, le souci de la personne est toujours resté au coeur de ces murs», résumait-elle.

«Ce bâtiment a l’air d’avoir été toujours là»

Choisi à l’unanimité parmi une quarantaine de dossiers, le cabinet veveysan «Rapin Saiz Architecture» a retracé, par la voix de l’architecte associée Maria Saiz, le périple des deux années de chantier écoulées, saluant le labeur des 120 personnes qui ont oeuvré pour aboutir à une réalisation qui «s’inscrit parfaitement dans son environnement».

Et pour matérialiser la prise de distance nécessaire à toute bonne gestion, les Amis de la Maison d’Accueil de L’Abbaye ont saisi l’occasion de l’inauguration pour offrir à sa direction une photo de la Vallée de Joux vue du ciel, qui trouvera sans peine sa place sur l’un des nombreux murs encore immaculés.

Rébecca Reymond

Le directeur de la Croisée de Joux, Jean-Daniel Fuehrer (au centre), accompagné de May Rivier, coordinatrice Santé mentale et addiction au Réseau Santé Nord Broye et du syndic du Chenit Stives Morand.

«C’est un établissement qui compte pour le département», relevait Anouchka Roman, responsable de la filière d’accompagnement et d’hébergement psychiatrique, qui dépend du DSAS de M. Maillard, en préambule de son discours.

Rose Van den Top-Dépraz ( à dr.:), directrice de l’institution jusqu’en 2004, a partagé ses premiers souvenirs dans la maison.

«Ce bâtiment a l’air d’avoir été toujours là», résumaient les partenaires de la Croisée de Joux, très satisfaits du travail réalisé par le cabinet d’architecture veveysan Rapin Saiz.

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