Le peintre Kinski s’en est allé

C’est avec une profonde émotion que les amis du peintre Henrik Kinski ont appris son décès survenu à
Saint-Colomban, au Québec, le 23 décembre à 57 ans.

D’origine polonaise, cet artiste apprécié des habitués de l’Essor y a fait des passages remarqués en 1993, 1995, 2000 et 2002. Le calendrier édité par l’imprimerie Baudat avait eu l’honneur de l’accueillir par une douzaine d’œuvres originales, peintes tout exprès.
Son art s’était largement dispersé grâce à de fréquentes expositions : Paris et sa banlieue, la côte atlantique, Montréal et même le Japon. Ses déplacements en Suisse lui avaient aussi permis d’exposer à Yverdon, Lausanne, Genève, Crans-Montana. En sus, bien quelques toiles à l’acrylique ont trouvé place dans le cœur et le regard d’amis combiers.
Nous garderons tous le souvenir d’un artiste professionnel qui, après avoir fréquenté les Beaux Arts de Paris, s’était familiarisé avec les grands formats lors de son passage comme décorateur à la télévision française.

Le talent et le travail aidant, il avait enchaîné avec des expositions personnelles assez fréquentes, autant que son énergie créative le lui permettait. Ses succès l’avaient conduit à Milly la Forêt (où la proximité de Barbizon et sa fameuse école drainait encore acheteurs et collectionneurs), puis vers la Bretagne qui lui ouvrit ses ports : il eut le privilège de devenir propriétaire de sa propre galerie, sur la presqu’île de. Et chaque été, une clientèle aisée trouvait à enrichir son patrimoine après quelques moments d’entretien avec l’artiste sur son travail.
Une constatation pour conclure. Le génie – et l’on ose – d’Henrik, est certainement dans sa maîtrise du geste et des accords chromatiques ; il « amenait » son œuvre en commençant par le fond et la dominante de couleurs. Avec quelques formes fortes, au fil de son travail, l’œuvre se construit, passant de l’abstrait elle parvient au figuratif. Par quelques touches soigneusement posées et souvent transparentes, il achève le tableau de juste ce qu’il faut. Une part de rêve et quelques courbes de vase, celle d’un violon ou d’une équivoque chute de reins et l’on tombe sous le charme.

Il avait passé quelques jours au bord du lac de Joux l’automne dernier et convenu d’exposer à l’Essor en avril : la partie ne sera malheureusement pas remise…

Jacky Reymond

Kinski devant sa fresque réalisée en 2005 chez son ami des Charbonnières

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