Exposition – La seconde enfance d’Osamu Oshida

La galerie de L’Essor accueille jusqu’au 24 mars le peintre japonais Osamu Oshida. De retour en Terre combière après son passage en septembre en 2011, l’artiste de la Riviera vaudoise illumine les cimaises avec plus de quatre-vingts toiles dédiées au printemps. A (re)découvrir sans tarder.

Né à Morioka en 1950, Osamu Oshida est tombé dans l’acrylique à l’âge de 55 ans. A vrai dire, il a été poussé dans la marmite par sa belle-sœur, soucieuse de le voir échapper à une sorte d’errance intérieure et d’explorer enfin un potentiel profondément enfoui.

Du vagabondage à l’épanouissement
Car, disons-le tout net, le bonhomme a certes couru le vaste monde et multiplié les petits boulots, mais sans pour autant s’épanouir. Flémard et bavard comme une pie (c’est lui qui l’avoue!), il s’est senti longtemps étrangement vide avant de se décider à saisir ses pinceaux à pleine main et à plonger dans une aventure artistique qui fait aujourd’hui son bonheur. Ouf!

Depuis maintenant huit ans, Osamu Oshida se nourrit, intérieurement tout du moins, de ses œuvres comme des rencontres qu’occasionnent ses nombreuses expositions. Le nez au vent et le regard aux aguets, il n’a de cesse d’observer, de mémoriser des gestes et des attitudes et d’absorber goulument ce qui l’entoure.

Artiste et garnement
Tout y passe: le chat qui dort, les Dents du Midi qu’il voit de sa fenêtre, les canards qui barbotent, les gosses qui jouent…

Ah! les bambins… Que seraient les toiles d’Osamu sans les enfants? La question ne se pose même pas, tant leur présence semble à la fois impérieuse et salutaire. «Je ne les peins quasiment jamais de face. Je pense que comme moi, ils sont laids et complexés», s’exclame-t-il lorsqu’on lui demande bêtement s’il s’agit de filles ou de garçons. Une façon peut-être de ne pas se référer à son propre passé, de botter en touche et d’oublier une éducation «à la Samouraï» prodiguée presque contre nature…

Et que dire des détails mille fois répétés, enjolivures qui finissent par constituer une toile de fond qui laisse sans voix. Attaquer pareille entreprise pourrait presque être assimilé à du masochisme pour nous autres Occidentaux dont la patience n’est pas la vertu maîtresse. Que nenni point! Reproduire à l’infini de petites roses, des feuilles, des bulles ou de mouchetures est pour lui aussi naturel que de bavarder. Allez comprendre…

Non-conformisme caractérisé
Plongé dans l’univers pictural d’Osamu Oshida ne demande dès lors aucun effort, si ce n’est celui de garder les yeux grands ouverts. C’est donc les mirettes aux aguets que le visiteur abordera cette exposition pour le moins singulière.

Particulière tout d’abord par l’intensité lumineuse et la profondeur de champ de l’ensemble des toiles, unique ensuite de par la naïveté et la fraîcheur qui s’en dégage. Rares sont en effet les occasions d’être instantanément projeté dans un monde où se mêlent imagination débordante, parfaite maîtrise de l’espace, poésie enfantine et foisonnement de détails. Propre à vous embarquer d’entrée comme à vous faire sortir une loupe de votre poche, cette joyeuse plongée dans la rêverie ne peut que réchauffer le cœur.

Le titre donné à cette lumineuse exposition se révèle être «La joie de printemps» (et non pas «du» comme mentionné à tort dans bien des agendas). Une nuance d’importance à l’heure où l’hiver se prolonge et qui se veut le reflet d’un brillant réveil bien au-delà de nos monts indépendants.

Loin des styles académiques, les toiles d’Osamu Oshida nous font en effet retrouver des sensations universelles. Elles ont pour noms émerveillement, innocence et spontanéité.

Un vrai bonheur que d’être, à la fois, ravi, candide et citoyen du monde!

Alex Charmey

5 commentaires sur “Exposition – La seconde enfance d’Osamu Oshida”

  1. Bovet Annick dit :

    Les œuvres de M. Oshida déclenchent toujours la bonne humeur et de la gaité. Quelle bonheur d’avoir eu la chance de découvrir cet artiste qui colore et illumine notre monde parfois bien trop gris – MERCI !!!

  2. ceve dit :

    Osamu , rêve , poésie , douceur et couleurs vives….Avec les toiles que l’on découvre toujours -parcequ’un détail nous a échappé – on s’évade dans son monde de sérénité joyeuse guidé par ce petit bonhomme qui nous entraîne dans ses aventures ..Merci Maître Oshida !

  3. Keufer Nancy dit :

    Cher Monsieur Oshida,
    Votre peinture est rafraîchissante, j ai hâte de découvrir « le Printemps »!
    楽しみに
    Nancy

  4. Yves Scyboz dit :

    Bonjour Osamu,

    Félicitation pour ton expo, C’est toujours un immense bonheur de découvrir tes oeuvres.
    Meilleures voeux de succès de la part de toute la famille.
    Au plaisir de te revoir
    Yves

  5. Galerie de l'EHC Morges dit :

    Bonjour Monsieur Oshida,

    Vos peintures sont toujours aussi fraiches et belle et que vous ne m’avez pas oubliée pour notre exposition de fin d’année 2013 ?!

    je n’ai pas vos coordonnées téléphoniques mais je vous ai déjà envoyé un message, il y a déjà quelque temps mais sans réponse.

    je compte sur vous, vous pouvez me téléphoner au 079 254 73 59.

    A bientôt j’espère et je vous adresse mes meilleurs messages.

    Galerie de l’Hôpital de Morges

    Martine Engler