Action anti-éoliennes au Brassus

L’association nouvellement formée «Eoliennes, vraiment?» fait parler d’elle. Pour permettre à la population de se rendre compte de la grandeur des éoliennes prévues aux Grands Plats, elle a monté, dans un pâturage du Brassus, une structure en tissu de 15 mètres de diamètre représentant le pied d’une éolienne, avec 200 mètres plus haut, de gros ballons illustrant le point culminant des pales.

«Nous sommes une association formée de personnes qui ont changé d’avis», annonce Pierre-Alain Dufour, membre d’«Eoliennes, vraiment?». Au départ, effectivement, lui comme les 10 autres personnes aujourd’hui actives au sein de l’association étaient favorables à l’implantation d’éoliennes dans le Jura et trouvaient le projet d’Eoljoux intéressant pour la Vallée de Joux. Avec en point de mire, l’autonomie énergétique et la perspective plus globale de sortir du nucléaire.

Se renseigner, informer, et proposer une alternative

Mais depuis peu, Pierre-Alain Dufour soutient que la technologie choisie n’est pas rentable, que les informations diffusées autour du projet des Grands Plats sont mensongères. «Comment pouvons-nous être autonome avec des machines qui ne fonctionnent que deux jours par semaine et qui seraient placées à seulement 700 mètres des habitations de nos voisins français?» déplore-t-il.

L’action «coup de poing» de ce début de semaine cherche donc à sensibiliser les populations des deux côtés de la frontière à l’impact paysager du projet, relevant aussi les risques de polluer une zone où se trouve la source d’eau qui alimente toute la Commune du Chenit. «On reproche couramment aux anti-éoliens de ne pas proposer d’alternative à ce qu’ils critiquent», précise Pierre-Alain Dufour. «Nous soutenons que la géothermie profonde et la construction de centrales électriques au gaz de bois pourraient convenir à notre région».

Eoljoux prend la parole

Du côté d’Eoljoux, on s’étonne de la soudaineté des événements: «Chacun a le droit de s’exprimer, mais je regrette la manière: au lieu de travailler dans la nuit à la lampe torche pour monter une structure en cachette, j’aurais préféré que ces personnes prennent le temps de venir nous rencontrer» relève Alain Bourqui, son président.

Il rappelle que des photos-montages des éoliennes, réalisés de manière professionnelle, ont été présentés au public depuis plusieurs années déjà. Que la perception de l’impact paysager est quelque chose de personnel: certains trouvent les éoliennes belles, et d’autres arrivent à faire abstraction de l’atteinte au paysage au regard de la nécessité de trouver une voie de sortie au nucléaire.

Sur le point de l’autonomie énergétique enfin, Eoljoux assure que les 7 mâts des Grands Plats produiraient 60 millions de kW/h par an, soit plus que la consommation annuelle de la Vallée de Joux, qui est de 50 millions de kW/h. Maintenant, Eoljoux admet que ce bilan énergétique positif ne correspond pas à l’autarcie, en raison de la difficulté à stocker l’énergie. La vente et l’achat de courant électrique feraient donc toujours partie de l’équation, à l’avenir.

Rébecca Reymond

Les représentants de l’association «Eoliennes, vraiment?», posant devant le gabarit qu’ils ont construit: MM. Pierre-Alain Dufour et Romain Gauthier, accompagnés de membres de l’association SOS Vent d’Amont

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