1er Août: message patriotique

Les trois syndics de La Vallée ont tenu à s’associer pour vous adresser ce message.

Chères habitantes, chers habitants, d’ici et d’ailleurs,

A situation particulière, disposition particulière, il n’y aura donc pas de discours officiel du 1er août cette année, COVID oblige. Néanmoins, les trois syndics de La Vallée ont tenu à s’associer pour vous adresser ce message.

Il y a une année encore, nous écrivions en substance que La Vallée était le terrain de jeu de foules de spécialistes tels que: biologistes, naturalistes ou autres écologistes de tout poil. Ainsi, développer nos communes et composer avec toutes les couches thématiques de protection de l’environnement était une véritable gageure de tous les instants et faisait de vos élus locaux de véritables spécialistes dans nombres de domaines très différents.

Un patrimoine que nous avons créé

Pourtant, si nous pouvons offrir cette biodiversité, cela est en grande partie dû au travail de l’homme. L’exploitation des arbres est indispensable si nous voulons garantir l’aspect paysager caractéristique de La Vallée, la qualité des herbages ainsi qu’une biodiversité aussi élevée que possible. L’environnement ouvert de La Vallée n’est pas naturel, il est le fruit des interventions faites par l’homme. C’est en conciliant une croissance économique responsable et un respect de la nature que La Vallée s’est formée au cours des siècles. Nous ne pouvons que dire merci à tous ceux qui nous ont précédés et qui ont su, malgré l’absence de directives et de lois, créer et conserver ce patrimoine. Nous pouvons préparer l’avenir tout en préservant nos valeurs.

A cet instant, la situation n’a guère évolué à ceci près qu’en lieu et place de considérer un habitat dans son ensemble, nous parlons désormais de numéros de parcelles et de quotas, de plan d’aménagement quinquennal à grands coups de zones réservées, tout cela sous la haute surveillance des autorités cantonales.

Dur de voir les manifestations arrêtées

Puis fin février, patatras, les manifestations de plus de mille personnes ont été interdites et quinze jours plus tard, tout s’est arrêté d’un coup. Il s’en est suivi un formidable élan de solidarité.

Néanmoins, cette période se révèle assez difficile à vivre pour une région comme La Vallée avec son dynamisme local et ses multiples sociétés qui sont les poumons de nos communes. Arrêtés, ces moments de convivialité autour de nos manifestations; arrêtés, ces moments d’amitié qui sont difficiles à entretenir dans le contexte actuel.

Promesse d’entraide et vallée(s)

Le 1er Août est plus qu’une fête. C’est le jour où nous célébrons, ensemble, l’amour de notre pays. Pour nous remémorer la promesse d’entraide et de confiance que trois vallées se sont faites il y a 729 ans, dont les libres citoyens se sont promis de s’assister mutuellement de toutes leurs forces et envers quiconque tenterait de leur faire violence. C’est peu dire qu’à La Vallée et à travers toute la Suisse, la solidarité, la vie associative, l’engagement pour les autres ont toujours eu un fort ancrage historique et plus particulièrement dans le contexte actuel. En ceci, nous sommes une belle illustration du serment de 1291: s’aider les uns les autres, participer activement et souvent avec passion, à la vie de la communauté, s’engager pour améliorer le vivre-ensemble sont autant de valeurs qui font partie de l’histoire et des traditions. Ce ne sont pas les plus de 80 sociétés combières qui vont nous contredire.

Quand nous touchons à un de ces principes, quand les extrêmes nous éloignent du bon sens, de la volonté de trouver un compromis, c’est toute une société qui peut être fragilisée. C’est un peu dans ce sens que nous avons souhaité nous adresser à vous et de vous rappeler ces valeurs.

Honte d’être fier, fier d’être modeste

En 2010, le Conseil fédéral a dû définir ce qu’était le «mode de vie» helvétique. La réponse, en bref: posséder un compte en banque, avoir une mobilité autonome, appartenir à une association locale et bien connaître sa région. Celle-ci a, au mieux, suscité quelques commentaires ironiques. Néanmoins, si le Combier a conscience que sa région est belle, il a toujours un peu honte d’être fier, autant qu’il est fier d’être modeste. Alors, pourquoi ne pas l’accepter une fois pour toute et le dire haut et fort: «Y en a point comme nous»?

Nous sommes convaincus que, comme les trois Suisses, nous devons regarder toutes et tous ensemble, dans la même direction pour préparer l’avenir avec enthousiasme, tolérance et sérénité. Ce ne sont pas les défis qui manquent, mais nous entendons bien, continuer longtemps, à les relever.

Prenez soin de vous et de vos proches. Vive la Vallée de Joux!
Vive la Suisse!

Christophe Bifrare, Patrick Cotting, Stives Morand